Chargement Évènements

« Tous les Évènements

COLLOQUE SCIENTIFIQUE ANNUEL

FONDATION MALADIES RARES

Enjeux et défis de la recherche dans les maladies rares

 17 mai 2021

de 9h30 à 17h30 en ligne

Dans le respect des règles sanitaires actuelles, nous avons choisi de maintenir notre colloque scientifique annuel initialement prévu au Collège de France sous la forme d’un colloque virtuel, avec un programme adapté.

Nous avons souhaité conserver l’objectif premier de cet événement, qui est de favoriser les échanges et le partage d’expériences avec les acteurs de la recherche.  

  • Au cours du programme, un temps conséquent sera prévu pour poser des questions de visu après chaque intervention.
  • Lors des pauses, il sera possible d’échanger avec les auteurs de posters dans des salles virtuelles dédiées à des thématiques, ainsi qu’avec les orateurs des communications sponsorisées sur des stands.
Comment se connecter ?

Vous pouvez vous connecter dès présent pour découvrir les e-posters et les stands des partenaires.

https://colloquescientifiquefmr.my-virtual-convention.com/login

Avec le soutien de

et du Rare Disease and Orphan Drugs Journal

 

9h30 – Ouverture du colloque

  • Jean-Louis MANDEL, Président de la Fondation Maladies Rares
  • Philippe BERTADéputé du Gard, Président du groupe d’études de l’Assemblée Nationale sur les maladies rares

10h-12h
Session 1. Concrétiser la recherche en sciences humaines et sociales 
Modération : Marcela GARGIULO

  • Charlotte JACQUEMOT*, Paris
    L’apport de la psycholinguistique dans le suivi des maladies neurodégénératives : l’exemple du CATEX, un biomarqueur linguistique dans la maladie de Huntington
  • Sophie DALLE-NAZEBI*, Paris
    Accessibilité et éthique de recherche interdisciplinaire auprès de personnes associant des difficultés auditives et visuelles
  • Annagrazia ALTAVILLA, Marseille
    L’utilisation secondaire des données pédiatriques à des fins de recherche vers de nouveaux modèles de gouvernance
  • Bruno DETOURNAY*CEMKA Eval
    Estimer le fardeau économique des maladies rares : une gageure 

12h00-13h30 Pause : Déjeuner et Session Posters

13h30-15h30
Session 2. Innover pour les thérapies de demain 
Modération : Daniel SCHERMAN

  • Dominique VINCENT-GENOD, Lyon
    Évolution de la Mesure de Fonction Motrice pour les enfants porteurs de maladies neuromusculaires : présentation du projet MFM-Play et étude pilote 
  • Tuan N’GUYEN, GoLiver Therapeutics, Nantes
    Médecine régénérative du foie avec des cellules souches pluripotentes
  • Justine BACCHETA, Lyon
    Révolution dans l’hyperoxalurie génétique : de la transplantation foie/rein aux injections sous-cutanées d’ARN interférent

◊ Remise du Prix Alnylam

Communications sponsorisées

  • Valérie RIZZI-PUECHAL, Directrice du Groupe maladies rares de Pfizer
    Collaborer pour innover au service des maladies rares

  • Mohamed BOUDISSA, Directeur des affaires médicales, Boehringer Ingelheim, 
    L’engagement de Boehringer Ingelheim dans les maladies rares
  • Jacques VOLKMANN, Vice-Président R&D France de Sanofi
    Bioproduction des médicaments : enjeux pour les traitements dans les maladies rares

15h30-16h00
Pause : Rencontre avec les industriels et Session Posters

16h00-17h30
Session 3. Développer les diagnostics du futur 
Modération : Damien SANLAVILLE

  • Vincent CANTAGREL*, Paris
    Une dérégulation de la voie des inositol phosphates cause une hypoplasie pontocérébelleuse
  • Artem KIM*, Rennes
    Variants synonymes et le biais d’usage de codons : impact sur Sonic Hedgehog dans l’holoprosencéphalie 
  • Sylvie MAZOYER*, Lyon
    Les mutations de RNU4ATAC entrainant une déficience de l’épissage mineur provoquent des anomalies ciliaires
  • Christel DEPIENNE*, Essen, Allemagne
    Diagnostiquer les maladies génétiques à expansions non codantes : l’exemple de l’épilepsie myoclonique familiale. 
  • Agnès BLOCH-ZUPAN*, Strasbourg
    L’intelligence artificielle dans le diagnostic des maladies rares à expression bucco-dentaire
  • Gisèle BONNE, Paris
    Solve-RD : un projet Européen visant à réduire l’errance diagnostique.

Clôture du colloque

lauréats de la Fondation Maladies Rares

L’inscription est gratuite.

Ouverture 


Jean-Louis Mandel,
 Président de la Fondation Maladies Rares.
Titulaire de la chaire « Génétique humaine » au Collège de France de 2003 à (août) 2016, il est docteur en médecine et docteur en sciences. Il a créé en 1991 un laboratoire de diagnostic de maladies génétiques au CHU de Strasbourg, qu’il a dirigé jusqu’en septembre 2015. Il a été directeur de l’Institut de Génétique et Biologie Moléculaire et Cellulaire de Strasbourg (Unité CNRS/INSERM/Université de Strasbourg) de 2002 à 2009. Il est membre de l’Académie des Sciences et membre correspondant de l’Académie Nationale de Médecine, et lauréat de plusieurs importants prix nationaux et internationaux pour ses recherches sur les mécanismes de maladies génétiques neurologiques et neuromusculaires.

Philippe Berta, généticien, biochimiste, biologiste moléculaire de formation, Philippe Berta est député de la 6ème circonscription du Gard et président du groupe d’études de l’Assemblée nationale sur les maladies rares.

Il débute sa carrière scientifique comme chercheur au CNRS, puis chercheur invité à l’Imperial Cancer Research Fund où il participe activement à la découverte du gène de la détermination sexuelle masculine. De retour en France en 1991, il devient chef d’équipe au CNRS et directeur de recherche à l’Inserm.

Passionné de pédagogie, Philippe Berta rejoint en 1998 l’université de Montpellier II, puis celle de Nîmes qu’il dirige et dont il obtient l’autonomie. Il y créé la filière sciences de la vie, un incubateur biotech, et l’institut méditerranéen des métiers liés à la longévité. Il y dirige depuis 2003 le master régional de biotechnologie Biotin, en sa qualité de professeur des universités de classe exceptionnelle. Dans ce diplôme, il contribue à y développer des modules pédagogiques innovants autour de la création d’entreprise.

Parallèlement à ses activités académiques, il s’investit dans le lancement de plusieurs startups et participe à la création du pôle de compétitivité santé Eurobiomed dont il est le secrétaire. En 1998, il fonde également le réseau des écoles de l’ADN de Nîmes, qu’il préside toujours à ce jour.

N°1. Concrétiser la recherche en sciences humaines et sociales


Charlotte Jacquemot 
est chercheure en sciences cognitives (IMRB, INSERM U955) et responsable de l’équipe « Langage et autres fonctions cognitives ». Ses recherches portent sur le développement d’outils cognitifs pour améliorer la prise en charge et la rééducation des patients neurologiques (AVC et maladies neurodégénératives). Elle a développé un test de diagnostic de l’aphasie (CALAP) breveté en 2017 et fait partie du réseau européen CATs sur l’aphasie. Elle a été chercheure invitée (2017-2018) à l’hôpital de Padoue (Italie) pour développer des tests cognitifs dans les maladies de Parkinson et Huntington. Elle supervise régulièrement des étudiants de master en sciences cognitives, des étudiants orthophonistes et des doctorants. Elle est également impliquée dans la diffusion des résultats de recherche auprès du grand public (contribution régulière dans Sciences Humaines, forum des sciences cognitives…) et est membre du collectif Adios Corona (adioscorona.org).

Sophie Dalle-Nazébi est sociologue et anthropologue (Ph.D), associée au LERASS (Université Toulouse 3). Au sein de la Fondation Maison des Sciences de l’Homme (FMSH), elle a participé à une recherche interdisciplinaire sur les parcours de vie et le quotidien de personnes ayant un syndrome de Usher (Projets FMR Dépsysurdi et ANR Light4deaf). Ses recherches portent sur les modalités de participation sociale et les dispositifs d’accessibilité, et de manière associée sur les relations entre pratiques de communication, organisation et rapports sociaux. Ses terrains sont marqués par des relations sociales asymétriques, et par la diversité des langues, modalités et référentiels de communication. Ses travaux sont à la croisée de la sociologie des sciences et des techniques, des sciences de l’information et de la communication, de l’anthropologie du langage et des formes de mobilisations collectives. https://www.researchgate.net/profile/Sophie_Dalle-Nazebi

Annagrazia Altavilla est avocat, Docteur en Sciences de la Vie et de la Santé/Ethique, HDR Droit public. Responsable des Relations Internationales Espace Éthique Méditerranéen/PACA-Corse, AP-HM – Marseille.
Expert/Consultant du Conseil de l’Europe (Unité de Bioéthique) dans le cadre du nouveau plan d’action stratégique (2020-2025)
Chair de TEDDY – European Network of Excellence for Paediatric Clinical Research. Coordonnateur du Comité d’éthique de l’European Translational Paediatric Research Infrastructure (EPTRI).

Membre du Board of Directors (représentant pour la France) de l’European Association of Health Law (EAHL). Ancien membre du Comité pédiatrique (PDCO) de l’Agence Européenne des Médicaments (EMA).

Bruno Detournay, CEMKA CEO, has coordinated more than 500 studies in the fields of health economics, outcomes research and epidemiology during his thirty years’ experience. The results of Dr. Detournay’s work conducted for a number of national and international institutions and the pharmaceutical and bio-medical industry has led to more than 150 published articles. Ex-VP of the French College of Health Economists (Collège des Economistes de la Santé), member of the International Society for Pharmacoeconomics and Outcomes Research, and several other scientific societies. Bruno Detournay is also a regular lecturer in Health Economy and Outcomes research (Dauphine University, Paris, René Descartes University, Paris, Pierre et Marie Curie University, Paris, Créteil Val de Marne University, Créteil, Conservatoire National des Arts et Métiers, Paris, etc.). Bruno Detournay is a medical doctor (Université Paris VI Pierre et Marie Curie) with a specialization on health issues in developing countries and tropical medicine. He holds an MBA from the ESSEC (Ecole Supérieure des Sciences Economiques et Commerciales) and was an alumnus of the chair ESSEC-Health. He also holds a master’s degree in health economics (Université Paris I – Panthéon Sorbonne).

 

N°2. Innover pour les thérapies de demain 

Dominique Vincent Genod est kinésithérapeute en pédiatrie, son activité clinique est axée sur l’évaluation des enfants atteints d’une déficience neurologique dans le Service de Médecine Physique et de Rééducation Pédiatrique de Lyon, dirigé par le Dr Carole Vuillerot. Ce service est impliqué dans le développement et la validation d’échelles de fonction motrice dans le domaine des maladies neuromusculaires. 

En collaboration avec le laboratoire G-SCOP de l’INPS Grenoble, elle a développé une approche automatisée pour quantifier la fonction motrice des patients porteurs d’ASI, basée sur la Mesure de Fonction Motrice en utilisant un capteur de mouvement (MFM-Kinect) et une tablette numérique (MFM-Tablette). Elle travaille actuellement sur la création d’un outil ludique améliorant la participation des enfants et la reproductibilité de la mesure MFM en collaboration avec les HCL et l’entreprise de serious game DOWiNO.

Justine Bacchetta (MD 2009, PhD 2011) est professeur de pédiatrie, chef du service de néphrologie-rhumatologie pédiatrique et chef de pole adjoint du pole des spécialités pédiatriques (Hôpital Femme Mère Enfant, Lyon Bron, France). Elle est spécialisée en néphrologie pédiatrique et dans les maladies pédiatriques du métabolisme du calcium et du phosphate. Après un séjour post-doctoral à UCLA (Los Angeles, États-Unis), elle s’intéresse à quatre principaux sujets de recherche : les troubles osseux et minéraux associés aux maladies rénales chroniques (CKD-MBD), les maladies osseuses dans les maladies rénales héréditaires rares (principalement la cystinose, l’oxalose et le XLH), les maladies osseuses dans les maladies chroniques pédiatriques, et la physiologie osseuse pendant la croissance. Elle a été membre du conseil de la Société européenne de néphrologie pédiatrique (ESPN), et elle est actuellement secrétaire de la Société française de néphrologie pédiatrique, coordinatrice du comité français Inserm/pédiatrie, membre du conseil du groupe de travail CKD-MBD de l’ESPN, et présidente du groupe de travail CKD/dialyse d’ERK-Net. Elle a publié plus de 180 articles dans des revues à comité de lecture. Elle a donné plus de 60 conférences invitées dans des congrès internationaux et nationaux, et elle a reçu en 2016 le prix Renee Habib de l’Association internationale de néphrologie pédiatrique (IPNA).

Valérie Rizzi-Puéchal, directrice du Groupe maladies rares de Pfizer, a plus de vingt ans d’expérience dans l’industrie pharmaceutique en santé animale et en santé humaine. Elle a acquis une riche expérience à l’échelle nationale et européenne. Dotée d’une formation de vétérinaire enrichie du MBA du Cesama EM Lyon, Valérie Rizzi-Puéchal a embrassé différentes fonctions marketing– ventes au sein de Pfizer, tant sur des marques de Primary Care que sur des produits purement hospitaliers. Avant de rejoindre Pfizer en 1999, Valérie a occupé différentes fonctions à l’échelle européenne au sein du laboratoire Vetoquinol.

Mohamed Boudissa est chirurgien et a pratiqué en milieu hospitalier près de 10 ans. Il a rejoint le groupe Boehringer Ingelheim depuis 25ans et a occupé différentes fonctions tant en France qu’à l’international. Il est actuellement Directeur des affaires médicales France.

Jacques Volckmann is a Doctor in Pharmacy, holds a master in microbiology from the Lyon Industrial Pharmaceutical Institute (IPIL) and a master in fundamental virology from the Lyon I University. He is also graduated from the CEDEP/INSEAD in Business Administration.

He has a developed experience in several domains such as Production, Analytic Sciences, Quality, Product Development, mostly in Biologic Products (hormones, vaccines…).

From 2007 to 2009, he was appointed as the R&D Director of the Sanofi Pasteur sites based in France. From 2010 to 2014, he was appointed as the Europe New Vaccines Project Director at Sanofi Pasteur, in charge of overseeing development of projects for new vaccines belonging to the Global Development Portfolio. From 2014 to end 2017, he held various positions as Director of the Global R&D Sites, Hubs and Scientific Support Units at Sanofi Pasteur. Since April 2018, Jacques is appointed as Head of R&D France with a direct oversight on the sanofi R&D Sites in France.

He is a member of the Sanofi R&D Management Committee (MCom) and of the Sanofi French Strategic Committee. He is also the president of the ‘Biopark by Sanofi’  in Toulouse. He is the President of the Board of the Pharmaceutical and Biologics Institute of Sciences in Lyon (ISPB/ Faculté de Pharmacie de Lyon), member of the board of the Bioaster Institute in Lyon (IRT), and a member of the board of the Ksilink Research Institute in Strasbourg.

N°3. Développer les diagnostics du futur 

Vincent Cantagrel  est chercheur INSERM, Directeur du laboratoire « Génétique des troubles du neurodéveloppement », Institut Imagine, hôpital Necker-Enfants malades

Fasciné par les mécanismes responsables de la mise en place de notre cerveau, Vincent Cantagrel a voulu mettre sa passion au profit des maladies génétiques neurodéveloppementales. Après l’obtention d’un doctorat en génétique humaine, il est parti compléter sa formation dans un laboratoire de recherche en Californie, à l’université de San Diego UCSD. Ces 6 années de recherche sur la thématique des maladies neurodéveloppementales l’ont amené à utiliser différents modèles, tels que la souris ou le poisson et la levure. Ce travail a permis d’identifier de nombreux gènes et mécanismes responsables de pathologie, lui amenant de nombreuses reconnaissances et publications prestigieuses. Fin 2013, il a rejoint l’Institut Imagine pour mettre en place une nouvelle thématique sur l’étude des anomalies cérébelleuses pédiatriques et a pris en charge la direction du laboratoire sur la « génétique des troubles du neurodéveloppement » en 2018.

Artem Kim, CNRS – Université de Rennes
Mon intérêt scientifique se porte sur la compréhension des bases génétiques des maladies complexes. J’ai réalisé mon doctorat dans l’équipe Génétique des pathologies liées au développement (IGDR UMR6290 Rennes) sur la génétique de l’holoprosencéphalie – une maladie complexe du développement cérébral. Par des approches bioinformatiques et biostatistiques, j’aimontré l’importance de considérer l’effet combiné de plusieurs variants hypomorphes en identifiant les premiers cas de transmission oligogénique pour cette pathologie (Kim A. et al., Brain 2019). J’ai également montré l’impact pathogène de variants synonymes du gène Sonic Hedgehog (SHH)sur la traduction, qui peuvent conduire à des défauts de repliement et de dégradation de la protéine résultante (Kim A et al., Brain 2020). Ces résultats indiquent que les variants synonymes peuvent avoir un rôle dans les pathologies génétiques encore mal comprises.

Sylvie Mazoyer est Directrice de Recherche Inserm au Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon. Depuis sa thèse de sciences obtenue en 1990, elle travaille en génétique humaine, d’abord dans le domaine de la prédisposition au cancer du sein pendant 25 ans, puis depuis 2016 sur la génétique des anomalies du développement. Son projet de recherche, développé en étroite collaboration avec des médecins cliniciens et des chercheurs fondamentaux de différentes spécialités (biologie cellulaire, bioinformatique, biochimie), porte sur l’étude des conséquences des défauts de l’épissage mineur, plus particulièrement dans le développement cérébral.

Christel Depienne est professeur de génétique humaine à l’Hôpital Universitaire de Essen (Allemagne) depuis 2017, après avoir été Maître de Conférences des Universités – Praticien Hospitalier à l’Université Pierre et Marie Curie (Hôpital Pitié-Salpêtrière) puis aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg pendant 15 ans. Diplômée de l’Institut National Agronomique de Paris-Grignon, elle a effectué une thèse de science en biologie moléculaire et cellulaire au Commissariat à l’Energie Atomique. Ses travaux de recherche se concentrent sur l’identification de nouveaux gènes et mécanismes responsables de maladies génétiques affectant le développement ou le fonctionnement cérébral, dont l’épilepsie. Une grande part de ses travaux s’intéressent également à établir des corrélations génotype-phénotypes et rechercher des facteurs modificateurs des maladies génétiques associées à une pénétrance incomplète.

Le Dr Agnès Bloch-Zupan est Professeur des Universités en Biologie Orale de la Faculté de Chirurgie Dentaire de l’Université de Strasbourg ; ses enseignements sont centrés sur le développement crâniofacial et bucco-dentaire et ses anomalies. Elle soigne, en tant que Praticien Hospitalier, des patients du Centre de référence des maladies rares orales et dentaires, du Pôle de médecine et chirurgie bucco-dentaires des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg; elle y encadre des projets de recherche clinique et assure la direction scientifique de la base de données D(4)/phenodent (www.phenodent.org). Elle est en charge du dossier européen ERN CRANIO où elle anime le sous-groupe sur les anomalies du développement dentaire. Elle mène des activités de recherche translationnelle, sur les maladies rares et leurs expressions bucco-dentaires, au sein de l’Institut de Génétique et de Biologie Moléculaire et Cellulaire de Strasbourg, IGBMC, CNRS-UdS UMR7104, Inserm U1258, d’llkirch

Elle combine ainsi plusieurs expertises : la chirurgie dentaire en particulier l’odontologie pédiatrique, la biologie du développement, l’approche génétique d’un patient, les approches OMICS qui permettent de passer de la description structurelle du génome à la compréhension de la physiologie observée. Elle est un des spécialistes de la génétique de la cavité buccale au niveau européen voire mondial ; elle a contribué à la mise en place de consultations spécialisées en France et à l’étranger ainsi qu’au développement de bases de données et d’outils dédiés (GenoDENT).

Le Pr Agnès Bloch-Zupan est Vice Doyen Recherche de la Faculté de Chirurgie Dentaire de l’Université de Strasbourg. Elle siège depuis 2013 dans la Commission Recherche du Conseil académique de l’Université de Strasbourg et depuis 2012 au Conseil Scientifique des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg. Elle est, depuis 2021, membre national associé de l’Académie Nationale de Chirurgie Dentaire.

http://orcid.org/0000-0002-6511-2615

N°1. Concrétiser la recherche en sciences humaines et sociales 

Charlotte JACQUEMOT*, Paris
L’apport de la psycholinguistique dans le suivi des maladies neurodégénératives : l’exemple du CATEX, un biomarqueur linguistique dans la maladie de Huntington

La maladie de Huntington est une maladie neurodégénérative due à une mutation génétique qui entraine l’apparition de troubles moteurs, cognitifs et psychiatriques vers l’âge de 40 ans. Les recherches actuelles visent à développer des traitements pour retarder l’apparition des signes cliniques et/ou ralentir l’évolution de la maladie. Il est donc crucial d’avoir des outils (1) pour détecter les signes précliniques de la maladie chez les sujets présymptomatiques porteurs de la mutation génétique (avant le diagnostic clinique) afin de caractériser la fenêtre temporelle qui précède le diagnostic, et (2) pour suivre l’évolution de la maladie et caractériser le déclin. Or, lUnified Huntington’s Disease Rating Scale (UHDRS) utilisée pour le diagnostic clinique manque de sensibilité pour détecter les signes précliniques et pour suivre l’évolution des signes cliniques. En nous basant sur les données de la psycholinguistique, nous avons développé un test cognitif le CATEX. C’est un test de langage qui contraste deux conditions, une condition de dénomination d’images à faible charge exécutive et une condition de dénomination d’images à haute charge exécutive. Le CATEX est rapide à administrer et facile à coter. Le score au CATEX est plus sensible que l’UHDRS pour monitorer la progression de la maladie. Il permet de :

  • détecter les signes précliniques chez des sujets présymptomatiques au niveau individuel,
  • suivre le déclin cognitif sur de petites cohortes de patients Huntington,
  • d’évaluer, dans des essais cliniques sur la maladie de Huntington, l’effet de thérapies sur les troubles cognitifs.

Le score au CATEX peut être utilisé comme biomarqueur linguistique de la maladie de Huntington.



Sophie DALLE-NAZEBI
*, Paris
Accessibilité et éthique de recherche interdisciplinaire auprès de personnes associant des difficultés auditives et visuelles

Les expériences de recherche interdisciplinaire avec des personnes en situation de handicap rare peuvent intéresser la communauté scientifique plus large par la diversité de leurs besoins et stratégies. Il en est ainsi des personnes ayant un syndrome de Usher qui combinent à des degrés divers des problématiques de surdité, de cécité et d’équilibre. Ces personnes peuvent aussi s’exprimer dans différentes langues (orales, parlées ou écrites, et langues des signes) et modalités de communication (dont le tactile), et avoir des niveaux de connaissances préalables variés sur le corps, la santé et le monde médical. Nous aborderons les questions méthodologiques et éthiques, de portée générale, soulevées par une recherche interdisciplinaire de sciences humaines (sociologie, anthropologie et psychologie) portant sur 70 personnes ayant ce syndrome. Articulée à une étude biomédicale sur ce syndrome, cette recherche a aussi permis l’observation d’examens médicaux (ORL, Ophtalmologique, vestibulaire, psycho-cognitif). Nous partagerons ainsi quelques réflexions éthiques et méthodologiques issues de cette recherche interdisciplinaire. Nous préciserons notamment les conditions d’accessibilité des informations, des documents de consentement, des questionnaires, des entretiens de recherche qualitative et des examens médicaux pour des personnes sourdes ou malentendantes, malvoyantes ou aveugles, et ayant parfois comme langue principale une langue des signes, visuelle ou tactile.



Annagrazia ALTAVILLA
, Marseille
L’utilisation secondaire des données pédiatriques à des fins de recherche vers de nouveaux modèles de gouvernance

Comme souligné dans le rapport de la Commission européenne de 2017 “Rare diseases. A major unmet medical need”, promouvoir la collecte, l’échange et l’utilisation secondaire des données de santé et génétiques à des fins de recherche reste une priorité dans le domaine des maladies rares. 

70% des maladies rares commencent dans l’enfance. L’utilisation secondaire des données pédiatrique pour la recherche est donc primordiale. Le Règlement Européen n.2016/679 (RGPD) ne prend pas en compte les spécificités pédiatriques. Des règles claires et adéquates pour favoriser l’utilisation secondaire des données pédiatriques ne sont pas prévues, notamment dans le cadre de recherches et consortia internationaux. Il est donc nécessaire d’étudier les différentes options afin de favoriser l’harmonisation des pratiques et développer de nouvelles formes de « gouvernance ». A cette fin, des travaux pluridisciplinaires (incluant les aspects « ELSI » – éthiques, juridiques et réglementaires) devraient être menés en impliquant les principaux acteurs (promoteurs, associations de malades/familles, chercheurs, institutions…) et en consultant les enfants concernés. Concevoir un modèle de « gouvernance » efficace, incluant aussi le YPAGs (Young Persons’ Advisory Groups), serait particulièrement important aussi dans le cadre de la nouvelle Infrastructure Européenne de Recherche Translationnelle Pédiatrique afin de saisir les nouvelles opportunités offertes par les avancées scientifiques (par ex. in silico models, application de l’IA…).

L’objectif final est de favoriser la recherche dans le domaine des maladies rares tout en réduisant le risque de violation des droits fondamentaux notamment en termes d’accès aux soins, non-discrimination, non-stigmatisation, en particulier lorsqu’il s’agit de personnes « vulnérables » tels que les enfants. Dans ce contexte, établir des principes et des bonnes pratiques pour impliquer les enfants davantage dans toute décision dans le domaine de la santé les concernant serait particulièrement important afin de favoriser l’ « empowerment » des patients/enfants. Les travaux du
Conseil de l’Europe dans ce domaine se montrent essentiels.



Dr Bruno DETOURNAY* 
CEMKA Eval
Estimer le fardeau économique des maladies rares : une gageure 

Au-delà de l’enjeu de santé publique qu’elles représentent, les maladies rares soulèvent, différentes questions sur le plan économique qu’il s’agisse de :

  • mesurer le fardeau économique et social qui leur est associé ;
  • évaluer l’efficience des interventions ;
  • résoudre les problématiques d’équité ou d’organisation ;
  • Etablir des modèles de financement.

La Fondation Maladies Rares a souhaité appuyer les réflexions dans ce domaine et initié un premier travail exploratoire sur le coût de pathologies sélectionnées dans le Système National de Données de Santé (SNDS) et à partir de l’interrogation d’échantillon de patients.5 pathologies identifiables ont été retenues pour leur caractère illustratif avec une diversité de manifestations morbides et parce que peu de données existaient en France sur ces thématiques : Syndrome de Rett, Drépanocytose, Maladie de Willebrand, Amyotrophie spinale infantile (SMA) (hors type 1), Syndrome de Marfan. Au-delà des résultats obtenus, la démarche a permis de poser les jalons d’une analyse du fardeau économique des maladies rares. Cette dernière est restée limitée à la mesure des dépenses directes induites dans une perspective collective. Une approche en prévalence et non sur la vie entière a été conduite. Les résultats mettent en évidence, la grande diversité des montants observés par poste de consommation selon les pathologies mais également la multiplicité des dépenses qui n’entrent pas dans le champ des prestations remboursables collectivement.

N°2. Innover pour les thérapies de demain 

Dominique VINCENT-GENOD, Lyon
Évolution de la Mesure de Fonction Motrice pour les enfants porteurs de maladies neuromusculaires : présentation du projet MFM-Play et étude pilote

L’arrivée des molécules innovantes dans les maladies neuromusculaires et les nombreux essais cliniques en cours dans ces pathologies mettent en évidence l’importance des outils d’évaluation utilisés comme critère de jugement dans les essais. 

Parmi les échelles disponibles, la Mesure de la Fonction Motrice (MFM), qui est adaptée aux différentes maladies neuromusculaires, est de plus en plus utilisée dans les essais thérapeutiques internationaux. Composée de 32 items, elle est considérée comme particulièrement efficiente en termes de validité, de fiabilité et de sensibilité au changement. Elle est adaptée à la fois aux patients marchants et non marchants.

Dans ce contexte de progrès médical qui concerne également la pédiatrie, une bonne acceptabilité des échelles mesurant la fonction motrice est nécessaire. Notre recherche consiste à exploiter le potentiel des technologies numériques appliquées  à la MFM pour optimiser sa tolérance par les enfants tout en conservant ses bonnes qualités métrologiques, un point fondamental pour son utilisation dans les essais thérapeutiques et le suivi clinique. 

Une application numérique permettant de standardiser les consignes de passation des 32 items de la MFM grâce à différents scénarios ludiques et informatifs adaptés à l’âge des patients est en cours de développement. Cette évolution numérique vise à normaliser l’évaluation du côté du thérapeute et à améliorer l’acceptation de l’échelle et la participation des patients. 

Une étude pilote sur 5 items (items 18 à 22) est en cours depuis septembre 2020 pour évaluer la faisabilité de l’application MFM-Play. Elle inclut 20 enfants porteurs de maladies neuromusculaires, âgés de 6 à 11ans. 



Justine BACHETTA,
Lyon
Révolution dans l’hyperoxalurie génétique : de la transplantation foie/rein aux injections sous-cutanées d’ARN interférent

Les hyperoxaluries primitives sont transmises sur le mode autosomique récessif ; il s’agit d’affections rares et souvent graves, engageant alors le pronostic rénal et parfois le pronostic vital, notamment dans les formes à début précoce. Le type 1, le plus fréquent et le plus sévère, résulte d’un déficit enzymatique (alanine-glyoxylate aminotransférase) dans les peroxysomes du foie, à l’origine d’une hyperoxalurie qui s’exprime initialement par des calculs avec ou sans néphrocalcinose. Au fur et à mesure que la filtration glomérulaire diminue, une surcharge systémique apparaît et n’épargne aucun organe, avec un stockage de l’oxalate notamment osseux. Jusqu’à récemment, le traitement conservateur (pyridoxine, hydratation, inhibiteurs de la cristallisation) était la seule option thérapeutique possible, pour essayer de prévenir l’évolution de l’insuffisance rénale vers le stade terminal et la dialyse. Aucune méthode de dialyse n’est suffisamment efficace pour compenser la production endogène d’oxalate, de sorte que la double transplantation hépatique et rénale devait idéalement être planifiée avant le stade d’insuffisance rénale avancée, pour limiter les dégâts de la thésaurismose. Le pronostic de cette maladie orpheline a récemment été révolutionné par l’apparition des traitements par ARN interférent, permettant de diminuer la production endogène d’oxalate par l’injection sous-cutanée régulière (mensuelle puis trimestrielle) d’ARN interférent. Les résultats des essais cliniques sont spectaculaires, et signent probablement la fin des doubles transplantations foie/rein dans cette indication, tout du moins dans les pays développés. En parallèle, d’autres alternatives thérapeutiques (stiripentol, Oxalobacter formigenes, thérapie génique) sont à l’étude.

N°3. Développer les diagnostics du futur 

Vincent CANTAGREL*, Paris
Une dérégulation de la voie des inositol phosphates cause une hypoplasie pontocérébelleuse

Les hypoplasies pontocérébelleuses (HPC) forment un groupe de maladies neurodégénératives périnatales, très rares mais dévastatrices et de cause souvent inconnue. Grace à un réseau de collaborateurs, nous avons étudié six familles présentant une HPC atypique. Le séquençage d’exome a permis d’identifier des mutations dans le gène MINPP1, impliqué dans le métabolisme des inositol phosphates. MINPP1code pour une enzyme qui enlève les groupements phosphates à l’inositolhexakisphosphate ou acide phytique. Cet inositol phosphate est un fort chélateurdont le rôle dans l’homéostasie ou le développement du cerveau n’est pas connu. Nous avons utilisé une approche basée sur le développement et la différentiation de cellules souches pluripotentes induites humaines provenant de patients HPC et la quantification des inositol phosphates.   Nous avons ainsi pudémontrer que MINPP1, en dégradant l’acide phytique, peut jouer un rôle critique dans la différentiation et la survie neuronale. Nous avons aussi observé que ce défaut de dégradation de l’acide phytique affecte l’homéostasie du calcium dans le réticulum endoplasmique et la signalisation calcique.  

Ce travail a permis d’identifier une nouvelle cause d’HPC et les mécanismes biochimiques et cellulaires associés. Nous avons ainsi démontré, pour la première fois, l’implication d’une anomalie du métabolisme des inositol phosphates dans les HPC et, plus généralement, dans une maladie congénitale.  



Artem KIM
*, Rennes

Les mutations de RNU4ATACentrainant une déficience de l’épissage mineur provoquent des anomalies ciliaires

Des variations synonymes du génome sont aujourd’hui connues pour leurs implications dans certaines maladies génétiques du fait de leur impact possible sur l’épissage ou le repliement de l’ARNm, mais également sur la régulation de l’expression des gènes par les micro-ARN. La connaissance de leurs effets sur l’usage des codons synonymes et sur la traduction dans un contexte clinique reste cependant parcellaire.

Dans cette étude, nous explorons l’impact fonctionnel de variants synonymes dans le gène Sonic Hedgehog (SHH), identifiés chez des patients atteints d’holoprosencéphalie, – une anomalie cérébrale congénitale résultant d’un clivage incomplet du cerveau antérieur. 

L’analyse rétrospective de données de séquençage de 931 patients atteints d’holoprosencéphalie a permis d’identifier huit variants synonymes dans le gèneSHH chez 21 de ces patients. L’analyse de populations contrôles (gnomAD, FReX, GoNL) a mis en évidence l’existence d’un enrichissement significatif de variants synonymes dans le gène SHHdans notre cohorte de patients atteints d’holoprosencéphalie, suggérant un rôle dans l’étiologie de cette maladie.

Nous avons évalué de façon systématique l’impact de ces variants sur la transcription et la traduction du gène SHHpar des approches computationnelles et par des validations in vitro. Ces analyses ont démontré que les variants synonymes identifiés n’entrainaient pas de défaut d’épissage de l’ARNm ou de fixation de micro-ARN, ni même de modification de la structure prédite de l’ARNm. Elles ont cependant indiqué un effet hautement probable de cinq de ces variants sur la dynamique de la traduction du gène SHH.  Introduisant des codons synonymes possédants les propriétés biochimiques différentes, ces variants synonymes modifieraient la vitesse de la traduction et la capacité́ de la protéine à se replier correctement. Les expériences réalisées in vitroont démontré que ces cinq variants synonymes sont en effet associés à une réduction significative de la quantité de la protéine produite, réduction allant de 5 % à 23 %. En inhibant le protéasome, nous avons pu restaurer les quantités protéiques pour quatre de ces cinq variants synonymes, confirmant ainsi leur impact sur la stabilité et le repliement de la protéine SHH. De plus, nous avons pu montrer une corrélation significative entre les valeurs de réduction protéique évaluées expérimentalement et les mesures computationnelles d’usage


Sylvie MAZOYER*, Lyon 
Variants synonymes et le biais d’usage de codons : impact sur Sonic Hedgehog dans l’holoprosencéphalie

Des mutations bialléliques du gène RNU4ATACsont responsables de 3 syndromes rares, Taybi-Linder (TALS), Roifman (RFMN) et Lowry-Wood (LWS), tous caractérisés par des degrés variables de microcéphalie, retards de croissance, malformations cérébrales et osseuses, et immunodéficience. RNU4ATACest transcrit en un ARNsn, U4atac, un composant du splicéosome mineur impliqué dans l’épissage de <1% des introns du génome, les introns U12 ou mineurs (n=~850). La physiopathologie de ces syndromes et l’intérêt biologique d’avoir 2 types d’introns restent méconnus à ce jour.

Nous avons identifié une mutation RNU4ATAChomozygote chez 2 patients présentant un phénotype complexe à la croisée de RFMN et du syndrome de Joubert, une ciliopathie bien connue qui suggère un lien entre l’épissage mineur et le cil primaire. L’analyse des termes d’ontologie des gènes U12 met en évidence un enrichissement significatif en gènes codant des composants du cil primaire. De plus, nos études transcriptomiques de cellules TALS ont montré un niveau élevé de rétention d’introns U12 dans les gènes ciliaires. Enfin, grâce à un modèle poisson-zèbre de perte de fonction d’u4atac médiée par des morpholinos, ce lien a été confirmé : les embryons présentent des anomalies de développement typiques de défauts ciliaires, ainsi qu’une microcéphalie, des hémorragies cérébrales et des anomalies cardiaques. La délétion homozygote du gène u4atac, quant à elle, entraine un arrêt de développement précoce à 22hpf. Pour poursuivre sur cette découverte inattendue, des études transcriptomiques sont en cours dans nos modèles animaux, qui associées à des études d’imagerie, nous permettront de mieux comprendre le rôle de l’épissage mineur et les pathologies qui y sont associées.



Christel DEPIENNE
*, Essen, Allemagne 
Diagnostiquer les maladies génétiques à expansions non codantes : l’exemple de l’épilepsie myoclonique familiale

L’épilepsie myoclonique familiale de l’adulte (EMFA) est une maladie génétique autosomique dominante, caractérisée par un tremblement cortical (myoclonus) et des crises d’épilepsie. Quatre loci sur les chromosomes 2, 3, 5 et 8 avaient été identifiés dans les années 1999-2013 mais la cause de cette maladie est restée longtemps inconnue en dépit de multiples analyses de séquençage. La cause, une expansion intronique de deux pentamères (TTTTA/TTTCA), a finalement pu être identifiée en 2018 grâce à la réduction du locus FAME1 au gène SAMD12. Notre étude a consisté à séquencer le génome de plusieurs membres de deux grandes familles atteintes d’EMFA liées à deux loci différents sur les chromosomes 2 et 5. La recherche d’expansions à partir des données de génomes a permis d’identifier deux nouveaux sites de la même expansion dans les gènes STARD7(FAME2) et MARCHF6(FAME3). L’analyse de molécules d’ADN uniques par séquençage nanopore et peignage moléculaire a montré que les expansions dans MARCHF6varient de 3,3 à 14 kb en moyenne. Nous avons cependant observé une variabilité considérable dans la longueur et la structure des expansions et constaté l’existence de multiples configurations d’expansion dans le sang et les fibroblastes de chaque individu. Par ailleurs, les expansions de de 10 kb étaient associées à des microréarrangements observés dans 20 % des cellules. Cette étude confirme que l’EMFA est causée par des expansions pentamériques introniques dans des gènes distincts. Les expansions présentent une instabilité somatique importante pouvant entrainer des réarrangements génomiques.


Agnès Bloch-Zupan*, Strasbourg
L’intelligence artificielle dans le diagnostic des maladies rares à expression bucco-dentaire

Favoriser l’accès des patients et des professionnels de santé à la détection précoce des maladies rares à expression bucco-dentaire
Passer de l’errance à l’itinéraire diagnostic

Les pathologies ou anomalies bucco-dentaires sont souvent l’expression très peu connue de maladies rares d’origine génétique. Ces anomalies retiennent de plus en plus l’attention du fait de leur caractère diagnostique voire prédictif. Elles sont classées en anomalies dentaires de nombre, forme, taille, de structure, anomalies de formation radiculaire et de l’éruption et correspondent à des problématiques de développement et génétiques spécifiques. Elles sont fixées dans le temps par la minéralisation. Elles sont isolées ou associées à d’autres symptômes dans les syndromes. 900 maladies rares ont une composante dento/oro/faciale.
Les diagnostics cliniques et l’identification des gènes impliqués sont difficiles à poser et à mettre en œuvre, entrainant les patients et leurs familles dans l’errance diagnostique. Il existe cependant des signatures diagnostiques reconnues par les experts du domaine et confortées par les corrélations phénotype/genotype (base de données D4/phenodent/ panel NGS GenoDENT). Ces signatures diagnostiques constituent la base d’un diagnostic automatisé.
Le centre de référence des maladies rares orales et dentaires CRMR O-rares des HUS et l’IGBMC en partenariat avec e-MEDIA et ALTRAN souhaitent améliorer cette situation en créant un outil, véritable expert virtuel d’aide au diagnostic des maladies rares. L’idée est de construire un ensemble de logiciels, à base d’I.A., pour : récolter les données caractéristiques de ces maladies, reconnaître les signatures diagnostiques, automatiser la détection de ces maladies, guider les patients vers le bon parcours de soin et le réseau maladies rares, permettre de compléter la base de données D4/Phenodent.
Le projet est soutenu par la Fondation maladies rares Atelier e-Santé 2019; l’ARS Grand Est, Innovation en Santé 2019-2022; l’AMI Economie numérique Grand-Est 2020-2022.

Les 17 e-posters seront repartis dans 3 salles d’exposition différentes.
Vous pouvez les découvrir dès aujourd’hui et assister le 17 mai aux présentations orales des porteurs de projet.

Rendez-vous sur le site : https://colloquescientifiquefmr.my-virtual-convention.com/login

N°1. Concrétiser la recherche en sciences humaines et sociales
Les horaires des présentations orales sont :

12h101- Marie-Anastasie AIM
12h182- Carolina BAEZA-VELASCO
12h263- Céline BORDET
12h344- Sophie BOURSANGE
12h425- Véronique DANEL
12h506- Françoise HOUDAYER-ROBERT
12h587- Stéphanie SMADJA
13h068- Emmanuelle TAUPIAC

N°2. Innover pour les thérapies de demain
Les horaires des présentations orales sont :

12h101- Hélène Jeltsch-DAVID
12h182- Kévin LE DUC
12h263- Albano MELI
12h344- Juliette PAILLET

N°3. Développer les diagnostics du futur
Les horaires des présentations orales sont :

12h421- Ibrahima BA
12h502- Sylvie FRIANT
12h583- Laura MARY
13h064-Benoît MIOTTO/ Anne LETESSIER
13h145- Pascale QUIGNON


Télécharger ici les résumés des e-posters : https://fondation-maladiesrares.org/wp-content/uploads/2021/05/POSTERS-SESSION1_2021_FMR.pdf

CONFÉRENCE VIRTUELLE – FONDATION MALADIES RARES
GUIDE DE BONNES PRATIQUES

La Fondation Maladies Rares organise des évènements en ligne et offre un environnement respectueux, sûr et inclusif à tous les participants, indépendamment de leur sexe, de leur apparence physique, de leur handicap, de leur origine ethnique, de leur âge, de leur religion, de leur orientation sexuelle ou de toute autre catégorie protégée par la loi en vigueur. Tous les participants, y compris les orateurs, les exposants et le personnel de la Fondation sont censés se comporter avec intégrité et respect envers les autres participants présents ou toute personne impliquée dans l’évènement en ligne.

  • Guide Les identifiants que vous recevez pour vous connecter à la conférence en ligne ne sont pas transférables.
  • Lorsque vous acceptez d’intervenir dans le programme, vous devez respecter les choix du/des modérateur(s) de la session dans la sélection des questions ou des commentaires, la gestion des horaires des sessions, etc..
  • Chacun est tenu de respecter la vie privée des autres participants et des’abstenir de tout enregistrement ou photographie non autorisés ou non souhaités, y compris l’enregistrement de toute interaction directe ou indirecte. Vous n’êtes pas autorisés à prendre des photos (copie-écrans) ou des vidéos des présentations, à moins d’avoir obtenu le consentement au préalable de l’auteur et de l’organisateur.

Toute communication, qu’elle soit verbale ou électronique, doit être effectuée de manière respectueuse. Les messages ou contacts inappropriés ne seront pas tolérés.

La Fondation maladies Rares se réserve le droit de prendre toute mesure jugée nécessaire à la suite d’une violation du présent Code de conduite. Cela inclut le signalement aux institutions hôtes et le retrait permanent de toutes nos conférences en ligne. En cas de violation du Code de conduite, les personnes concernées ont la possibilité de contacter la Fondation à l’adresse contact@fondation-maladiesrares.org

Détails

Date :
17 mai 2021
Heure :
9 h 00 min - 17 h 00 min
Prix :
Gratuit
Catégorie d’Évènement:

Lieu

ZOOM

Organisateur

Fondation Maladies Rares
Téléphone :
0158142287
E-mail :
anne-sophie.blancher@fondation-maladiesrares.com
Site Web :
https://fondation-maladiesrares.org